Guide · Réforme 2026-2027

E-reporting et facturation électronique : qui transmet quoi, et à quelle fréquence

Sources officielles vérifiées le 31 octobre 2026 · notre méthode

L’essentiel

Le e-reporting est la transmission à l'administration fiscale des données de vos opérations qui ne donnent pas lieu à une facture électronique : ventes aux particuliers (B2C), opérations avec des clients établis à l'étranger ou certaines entités non assujetties. Il suit le même calendrier que la facture électronique : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, et au plus tard le 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises. Les données passent par une plateforme agréée, à une fréquence qui dépend de votre régime de TVA.

  • La facture électronique couvre le B2B France ; le e-reporting couvre le B2C et l'international.
  • Les données de transaction B2C se transmettent par jour ; à l'international, facture par facture.
  • Les données de paiement ne concernent que les prestations de services, hors autoliquidation internationale et hors option TVA sur les débits.
  • En franchise en base, la transmission est bimestrielle ; au réel normal mensuel, trois transmissions de transactions et une de paiements par mois.
  • Le e-reporting passe par une plateforme agréée et vise à terme le pré-remplissage des déclarations de TVA.

Facture électronique et e-reporting : quelle différence ?

La facture électronique et le e-reporting couvrent des opérations différentes.

  • Facture électronique : elle concerne les opérations entre assujettis à la TVA établis en France, soit les livraisons de biens et prestations de services situées en France et non exonérées, les acomptes liés à ces opérations, et les ventes aux enchères publiques de biens d'occasion, d'œuvres d'art, d'objets de collection ou d'antiquité. La facture doit être structurée dans l'un des trois formats du socle : UBL, CII ou Factur-X. Un simple PDF envoyé par e-mail ne suffit pas.
  • E-reporting : il porte sur les opérations qui ne donnent pas lieu à une facture électronique, c'est-à-dire celles réalisées avec des particuliers (B2C) ou avec des clients établis à l'étranger. Leurs données doivent être transmises à l'administration fiscale.

Autrement dit, vous émettez une facture électronique pour vos clients professionnels français, et vous transmettez des données de e-reporting pour vos opérations B2C et avec des clients établis à l'étranger, hors opérations exonérées ou hors champ de la TVA. Pour le détail des étapes et des dates, consultez le calendrier de la réforme.

Qui est concerné par le e-reporting ?

Toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France sont concernées lorsqu'elles réalisent des opérations avec des particuliers, certaines associations ou entités non assujetties, ou des opérateurs établis à l'étranger. Sont également concernés les assujettis non établis qui réalisent des opérations réputées situées en France et soumises à la TVA.

Les entreprises en franchise en base de TVA ne sont pas dispensées : elles transmettent leurs données de e-reporting, avec une fréquence qui leur est propre. Toutes les entreprises assujetties établies en France qui réalisent des opérations avec des particuliers, des entités non assujetties ou des opérateurs établis à l'étranger sont concernées, y compris celles en franchise en base de TVA.

En revanche, deux situations sortent du dispositif :

  • les associations non assujetties à la TVA ne sont soumises ni à la facturation électronique ni au e-reporting ;
  • les opérations exonérées de TVA en application des articles 261 à 261 E du CGI et les opérations hors champ de la TVA sont exclues du e-reporting comme de la facturation électronique.

Si vous facturez des clients non assujettis, la page facturation électronique et non-assujettis précise les cas d'exclusion. Pour un statut d'auto-entrepreneur, voir facture électronique pour un auto-entrepreneur.

Quelles données de transaction transmettre, et comment elles varient

Les données de transaction dépendent de la nature du client.

Type d'opérationDonnées attenduesUnité de transmission
Opérations internationales avec un assujettiDonnées déterminées facture par facturePar facture
Opérations avec un non-assujetti (B2C)Montant total des opérations par jour, sur une période donnéePar jour

Concrètement, si vous vendez à des particuliers, vous regroupez le montant total de vos ventes par jour. Si vous facturez un client professionnel établi à l'étranger, vous transmettez les données de chaque facture. La fréquence d'envoi dépend de votre régime de TVA (voir plus bas).

Données de paiement : uniquement pour les prestations de services

Les données de paiement ne sont attendues que pour les prestations de services, y compris lorsqu'aucune facture n'a été émise.

Deux exclusions s'appliquent :

  • les opérations internationales en autoliquidation ;
  • les opérations pour lesquelles vous avez opté pour la TVA sur les débits.

Dans ces deux cas, aucune donnée de paiement n'est attendue. Si vous êtes concerné, vérifiez votre régime et vos options avant de paramétrer vos envois dans votre outil.

À quelle fréquence transmettre le e-reporting ?

La fréquence dépend de votre régime de TVA.

Régime de TVADonnées de transactionDonnées de paiement
Franchise en baseTous les deux mois (bimestre civil)Tous les deux mois (bimestre civil)
Réel normal mensuelTrois fois par moisUne fois par mois

Pour les autres régimes, l'administration renvoie à un tableau annexe qui détaille les fréquences et échéances. En pratique, calez vos envois sur votre régime réel et non sur une habitude de facturation : un indépendant en franchise en base transmet tous les deux mois, là où une société au réel normal mensuel transmet ses transactions trois fois par mois.

Quel calendrier pour le e-reporting ?

Le e-reporting suit le même calendrier que l'émission des factures électroniques.

Catégorie d'entrepriseÉmission des factures électroniques et e-reporting
Grandes entreprises et ETI1er septembre 2026
PME et micro-entreprisesau plus tard le 1er septembre 2027

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent par ailleurs être en mesure de recevoir des factures électroniques, quelle que soit leur taille. La taille s'apprécie au 1er janvier 2025, sur la base du dernier exercice clos avant cette date ou, en l'absence d'un tel exercice, sur celle du premier exercice clos à compter de cette date, au niveau de l'unité légale identifiée par son SIREN.

Les catégories suivent le décret n° 2008-1354 : micro-entreprise (moins de 10 personnes et chiffre d'affaires annuel ou total de bilan n'excédant pas 2 M€), PME (moins de 250 personnes et chiffre d'affaires annuel n'excédant pas 50 M€ ou total de bilan n'excédant pas 43 M€), ETI (n'est pas une PME, moins de 5 000 personnes et chiffre d'affaires n'excédant pas 1 500 M€ ou total de bilan n'excédant pas 2 000 M€), grande entreprise (toute entreprise qui ne relève pas des catégories précédentes).

Outre-mer, la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion sont concernées ; la Guyane, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les TAAF ne le sont pas.

Comment transmettre : le rôle de la plateforme agréée

Chaque entreprise désigne une plateforme agréée pour émettre et recevoir ses factures électroniques ou pour déclarer ses données à l'administration. Les plateformes agréées transmettent à l'administration les données de facturation, de transaction et de paiement. À partir du 1er septembre 2026, les factures doivent transiter par une plateforme agréée par l'État, directement ou via une solution compatible, par exemple un logiciel de facturation connecté à une plateforme agréée.

Le choix est libre : vous pouvez utiliser une ou plusieurs plateformes et en changer à tout moment. Chaque entreprise désigne sa ou ses plateformes dans l'annuaire des destinataires de factures géré par l'administration. La liste officielle des plateformes immatriculées est publiée sur impots.gouv.fr.

En pratique : vérifiez que votre outil de facturation est connecté à une plateforme agréée, puis déclarez cette plateforme dans l'annuaire. Si vous avez un doute sur votre situation, l'administration met à disposition une assistance téléphonique nationale sur la facturation électronique au 0 806 807 807 (service gratuit + prix d'appel).

Quels outils pour gérer vos factures et vos données

Les plateformes agréées transmettent à l'administration les données de facturation, de transaction et de paiement. Voici deux solutions destinées aux indépendants et micro-entrepreneurs, présentées selon les fonctionnalités déclarées par leurs éditeurs.

Abby

Lien direct, non rémunéré

Facturation gratuite et déclaration Urssaf pour micro-entrepreneurs

Convient aux auto-entrepreneurs qui veulent regrouper facturation et déclaration Urssaf dans un même outil, avec la facturation électronique incluse dans l'offre gratuite.

  • Facturation électronique incluse dans l'offre gratuite
  • Devis et factures illimités
  • Déclaration Urssaf dès l'offre Start

À savoir : La déclaration Urssaf, le paiement en ligne et la connexion bancaire ne sont pas inclus dans l'offre gratuite.

Gratuit, puis dès 9 € HT/moisIdéal pour : Auto-entrepreneurs qui veulent facturer et déclarer à l'Urssaf au même endroit
Essayer Abby gratuitement

Indy

Lien direct, non rémunéré

Facturation, compta et compte pro gratuits pour indépendants

Convient aux indépendants qui veulent un compte pro et une comptabilité automatisée en plus de la facturation, avec la facturation électronique via plateforme agréée incluse dans l'offre gratuite.

  • Facturation électronique via plateforme agréée dans l'offre gratuite
  • Compte pro avec IBAN français et carte
  • Déclarations Urssaf et fiscales avec l'offre Autonomie

À savoir : Signature électronique, relances automatiques et factures récurrentes sont réservées aux offres payantes (dès 9 € HT/mois).

Gratuit, puis dès 9 € HT/moisIdéal pour : Indépendants qui veulent un compte pro et une comptabilité automatisée
Découvrir Indy

À quoi sert le e-reporting ?

À terme, la transmission de ces données doit permettre le pré-remplissage des déclarations de TVA et simplifier les déclarations des entreprises, selon les objectifs affichés de la réforme. Les objectifs affichés incluent aussi la lutte contre la fraude à la TVA, l'amélioration de la compétitivité des entreprises grâce à la dématérialisation, et une meilleure connaissance de l'activité des entreprises en temps réel.

Les textes de référence sont l'ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021, le décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022, la loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022 (article 62) et la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 (article 91), qui a fixé le calendrier 2026-2027. Pour les conséquences en cas de manquement, voir la page sanctions.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une donnée de paiement en e-reporting ?

Le e-reporting porte sur des données de transaction et, pour les prestations de services, des données de paiement. Les données de paiement ne sont attendues que pour les prestations de services, qu'elles aient donné lieu à facture ou non, et elles sont exclues pour les opérations internationales en autoliquidation et en cas d'option pour la TVA sur les débits.

Un micro-entrepreneur en franchise en base doit-il faire du e-reporting ?

Oui. Les entreprises en franchise en base de TVA sont concernées et transmettent leurs données de e-reporting tous les deux mois, par bimestre civil. La franchise en base ne dispense donc pas de l'obligation.

Comment et où transmettre le e-reporting ?

La transmission passe par une plateforme agréée, que vous désignez dans l'annuaire des destinataires de factures géré par l'administration. Les plateformes agréées transmettent à l'administration les données de facturation, de transaction et de paiement. La liste officielle des plateformes immatriculées est publiée sur impots.gouv.fr.

Le e-reporting remplace-t-il ma déclaration de TVA ?

À terme, la transmission de ces données doit permettre le pré-remplissage des déclarations de TVA et simplifier les déclarations des entreprises, selon les objectifs affichés de la réforme.

Sources

  1. Facturation électronique : c'est pour bientôt ! — Entreprendre Service Public, publié le 19/01/2026, mis à jour le 27/02/2026
  2. Foire aux questions : je découvre la facturation électronique — impots.gouv.fr, version du 01/09/2026
  3. Foire aux questions : j'approfondis la facturation électronique — impots.gouv.fr, consulté le 31/10/2026
  4. Taille de l'entreprise et calendrier de la facturation électronique — impots.gouv.fr, consulté le 31/10/2026
  5. Loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, article 91 — Légifrance, texte officiel
  6. La facturation électronique est effective depuis le 1er septembre 2026 ! — Entreprendre Service Public, publié le 02/09/2026
  7. Facturation électronique : la liste des plateformes agréées immatriculées — Entreprendre Service Public, publié le 19/01/2026

Article préparé avec l’aide d’outils d’IA à partir de ces sources, puis contrôlé point par point (dates, seuils, mentions). Une erreur ? Écrivez-nous à contact@entrepriseclaire.com.